L’Oasis du Cens

Projet de jardin collectif / Nantes- Petit Port

Notre intention : Transformer un espace public en un lieu de production potagère libre d’accès, de sensibilisation à l’environnement, d’expérimentation collective, d’échanges et de transmission des pratiques et des savoirs.

Situation : Espace public au bord du Cens, situé chemin de la Censive du Tertre à Nantes, juste après la piscine du Petit Port

Le concept d’oasis porté par le mouvement Colibris :

Une oasis peut se trouver en milieu rural ou urbain et prendre des formes différentes : lieux de vie (écohabitat partagé, écoquartier, écohameau), lieux ressource, commune en transition, … Autant d’oasis qui se fondent pour la plupart, autour de cinq axes essentiels à l’émergence d’une société plus écologique et citoyenne : mutualisation d’espaces et de services ; gouvernance collective ; sobriété énergétique ; recours à l’agriculture locale et aux potagers biologiques ; transmission et partage des savoirs.

La raison d’être du projet :

Rassembler des hommes, femmes et enfants, de tout âge et de tout milieu, autour d’un projet de jardin ressource, aux objectifs diversifiés : écologique, alimentaire, social, pédagogique, humaniste…

Se réapproprier un espace public peu utilisé et le transformer en jardin potager productif, libre d’accès et ouvert sur le quartier où la nourriture à partager devient une ressource abondante alimentée par tous et offerte à chacun.

Fédérer des personnes qui aspirent à de nouveaux rapports entre les hommes et des liens retrouvés avec le monde vivant autour de valeurs communes de partage, de bienveillance, de simplicité, de créativité, de solidarité, d’attention et de respect de notre environnement.

Créer un jardin collectif, à la gestion participative et horizontale dans le respect des besoins et de la diversité des points de vue où chacun et chacune pourra s’exprimer et trouvera la place qui lui convient.

Les initiateurs du projet :

Nous formons un groupe d’une douzaine d’hommes et de femmes de 20 à 65 ans, exerçant des professions et/ou activités diverses, résidant majoritairement à Nantes. Le projet a émergé, pendant l’hiver 2016, lors de rencontres organisées par le groupe local des Colibris, qui se constitue depuis quelques mois sur Nantes.

Pour beaucoup d’entre nous, avoir vu le film « Demain », a (en autre chose) fait naître ou réveillé le besoin et l’envie de nous approprier la question de notre alimentation, de la relocalisation de notre production agricole, à l’image de ce que développe les « Incroyables comestibles » ou les habitants de la ville de Détroit (USA).

Au sein du groupe, certains ont déjà une certaine expérience du potager, deux membres ont notamment passé le Cours Certifié de Permaculture, d’autres sont novices et ne demandent qu’à apprendre. De nombreuses autres personnes (une cinquantaine) ont manifesté leur intérêt pour un tel projet et leur désir d’y prendre part concrètement, « en mettant les mains dans la terre ».

L’essence du projet :

Nous souhaitons être acteurs du changement de paradigme qui se présente devant nous, porter des solutions simples et faire preuve de bon sens. Chaque jour, nous répondons à notre besoin primaire de nous alimenter et nous confrontons à l’absurdité de notre système qui consiste à faire parcourir des distances incongrues à nos aliments avant de parvenir à nos assiettes ou pour ceux qui le peuvent, à payer très cher des aliments de bonne qualité. Or, il suffit de regarder autour de soi pour voir des espaces couverts de pe-
louse qui pourraient rapidement se transformer en jardins potagers, tout aussi agréables à regarder, voire plus beaux et qui trouveraient une utilité publique aux multiples facettes.

Un jardin potager urbain et collectif offre de nombreuses alternatives à notre modèle de société :

– L’agriculture urbaine permet de relocaliser une partie de notre production agricole, agit sur notre souveraineté alimentaire et nous reconnecte avec la terre nourricière et ce qu’elle peut nous offrir.
– Un accès gratuit à une nourriture de qualité participe à réduire les barrières sociales et économiques face à ce que nous consommons.
– Faire ensemble, échanger nos pratiques, expérimenter, nous reconnecte les uns aux autres face à la perte des liens sociaux.
– Imaginer ensemble des solutions simples et concrètes pour réduire notre impact écologique et tendre vers une certaine forme d’autonomie offre un merveilleux terreau de sensibilisation aux questions environnementales.
– Pouvoir venir jardiner quand on le souhaite et gratuitement, en dehors de la notion de propriété et des contraintes liées à l’obtention d’une parcelle dans un jardin familial ou partagé c’est s’offrir une fenêtre de liberté dans la pratique d’une activité extérieure ressourçante et collective, face au repli sur soi et à l’isolement de nos vies urbaines hyper individualisées.

Le choix du site :

Nous avons observé la vie du lieu à différents moments et avons constaté qu’hormis les chemins empruntés par les cyclistes, marcheurs et joggeurs, l’immense zone de pelouse centrale et les bordures n’étaient que peu utilisées.

Nous proposons de revaloriser ce terrain, de le rendre plus agréable, plus beau et plus utile pour tous ses usagers actuels, mais également pour les futurs usagers qui s’y rendront spécifiquement pour ce projet.

Cet espace végétal dispose des qualités propices à la culture selon les principes de la permaculture (cf à la fin du dossier):
– Une surface conséquente permettra une bonne productivité, de varier le type d’espaces cultivés et de conserver des espaces libres et aérés pour des pratiques collectives (réunion, yoga, méditation…) et les échanges conviviaux plus informels.
– Il offre une diversité d’espaces aux dimensions et aux potentiels différents, bordures, zones denses avec des arbres, murs, une zone naturelle (non tondue) avec des plantes sauvages comestibles, des bosquets, des arbres fruitiers (2 muriers présents) etc.
– La présence du Cens est également intéressante, que cela soit pour l’irrigation ou pour et la présence de l’eau, dans les profondeurs du sol, qui permettra un bon enracinement.
– Une bonne implantation des arbres offrant une vaste zone non ombragée, exposition propice à des cultures gourmandes en soleil.
– L’emplacement et les zones de circulation très empruntées offrent une belle visibilité pour ce projet et sa dimension de sensibilisation.
– La proximité avec l’Université (salles de cours et cafétéria à moins de 200m) et les étudiants.
– L’accès au site facilité (à 200m de l’arrêt de tram Petit Port, parking gratuit, périphérique…).

Les objectifs de cette oasis potagère en ville :

1/ Expérimenter des formes d’agro-urbanisme

Nous souhaitons développer nos savoirs et savoirs faire en matière d’agro-urbanisme, de création de potager en ville et de production abondante de fruits, légumes et fleurs, par l’expérimentation collective sur un terrain donné. L’objectif est de parvenir à cultiver et à produire le plus de végétaux comestibles possible sur une petite surface, de consommer ce que l’on produit et de permettre aux usagers du lieu de récolter ce qui pousse, dans un esprit de partage.

Pour cela, nous envisageons de :

  • nous appuyer sur les savoirs existants en permaculture,
    créer des buttes de permaculture,
  • pratiquer la densification, les associations et la rotation de culture,
    planter des arbres fruitiers en bordure,
  • laisser se développer un pan de nature sauvages et y faire pousser des plantes sauvages comestibles,
  • permettre un libre accès aux usagers aussi bien pour cultiver que pour récolter.

2/ Créer un espace de sensibilisation ouvert et accueillant pour les habitants et usagers

Notre objectif est de faire de ce jardin un espace ressource en matière de sensibilisation à l’environnement dans une démarche d’ouverture, d’inclusion et de convivialité.
Le groupe de pilotage assurera une gouvernance collaborative, un suivi global de la mise en œuvre du projet, l’encadrement des chantiers et les permanences d’accueil sur le site mais notre intention est bien que le jardin soit appréhendé et investi comme un bien commun où ceux qui le souhaitent pourront venir jardiner, entretenir, récolter, échanger, rencontrer, se ressourcer de manière libre.

Les grands principes seront ceux de l’expérimentation contrôlée, de l’échange et de la transmission des pratiques et savoirs de chacun en matière de jardinage.

Pour cela, nous envisageons de :

  • créer des panneaux de présentation de la démarche, des principes généraux que nous appliquons et de l’utilisation des espaces (compostage, toilettes sèches, espace convivial et de pratiques bien-être),
  • communiquer en permanence sur les avancées des chantiers de façon à ce que quelqu’un qui arrive pour jardiner sache ce qu’il y a à faire, tout en encourageant les prises d’initiatives,
  • présenter chaque plante cultivée,
  • organiser régulièrement des moments de transmission et d’échanges de techniques et de savoirs (ateliers, chantiers accompagnés…) tout en valorisant les échanges informels.

3/ Proposer des solutions pour une meilleure gestion de l’impact de nos modes de consommation

Prendre en compte les rejets liés à notre consommation et les intégrer dans le cycle de production est une des dimensions essentielle de notre projet d’oasis. Nous avons à cœur de transformer les déchets polluants que nous pouvons produire en rejets utiles au développement de notre potager et de ne gaspiller aucune ressource à notre disposition. Dans notre dynamique d’échanges et de partage, nous avons aussi la volonté de sensibiliser à l’utilisation des déchets alimentaires et à l’importance du compostage ainsi qu’à la facilité de fabrication et utilisation de toilettes sèches.

Pour cela, nous envisageons de construire :

  • un composteur multibacs afin de valoriser les déchets biodégradables, tels que les déchets alimentaires (épluchures etc…).
  • une cabane de rangement (outils, graines…) avec un récupérateur d’eau de pluie associé.
  • des toilettes sèches dont le produit, une fois mélangé à de la sciure puis composté (avec retournements) durant un an, sera réutilisé sur le lieu pour nourrir la terre .
  • un affichage simple, lisible et accessible sur les façons d’utiliser le composteur, les toilettes sèches, les techniques employées ainsi que la nature des plantes.

4/ Offrir un espace de convivialité et de pratiques collectives

Au-delà de la dimension agricole, nous avons pour projet d’aménager des espaces de convivialité, d’échanges et de pratiques collectives de bien-être afin que les passants, cyclistes et piétons, se sentent autorisés à investir l’espace, à s’y installer et à profiter de l’agréable cadre naturel qui est celui du Cens.Partager des repas au bord de la rivière, des séances de yoga, des recettes de cuisines sont autant de moments qui pourront alimenter les relations humaines et la convivialité sur cette parcelle de verdure.

Pour cela, nous envisageons de créer :

  • un espace dédié aux pratiques collectives de bien-être (yoga, taï chi, Qi Qong, méditation…),
  • des espaces pour les pique-niques avec mobilier fabriqué à base de matériaux de récupération,
  • organiser régulièrement des temps conviviaux.

5/ Développer des liens avec les étudiants

La proximité du site avec la faculté de sciences humaines est un des facteurs qui nous a incités à sélectionner ce terrain pour l’implantation d’une oasis. En effet, nous avons à cœur de sensibiliser les étudiants à l’alimentation biologique et locale, aux pratiques agricoles urbaines et d’ancrer notre dynamique dans un questionnement sur l’homme et son rapport au monde, à la fois historique, sociologique, psychologique et philosophique. Des passerelles entre l’université et l’oasis seraient donc à créer pour faire circuler, confronter et faire évoluer les savoirs et les pratiques déployées dans ces deux univers.

Pour cela, nous envisageons de :

  • proposer des conférences et des débats au sein de l’université sur les questions portées et travaillées au sein de l’oasis (quelle utilisation et appropriation des espaces urbains ? conception philosophique véhiculée par les tenants de la permaculture?)
  • proposer des temps de découverte de l’oasis aux étudiants intéressés et leur permettre de s’investir s’ils le souhaitent.
  • produire et diffuser du savoir lié aux techniques de permaculture (comment se nourrir autrement, comment produire ses propres légumes sans bouleverser les écosystèmes, comment faire son compost, construire des toilettes sèches etc)

La permaculture :

La permaculture est une science de conception de cultures, de lieux de vie, et de systèmes agricoles humains utilisant des principes d’écologie et le savoir des sociétés traditionnelles pour reproduire la diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels.

La permaculture est à la fois une science, un mode de pensée et une philosophie qui applique une éthique. Au centre de la permaculture, il y a trois principes fondamentaux : prendre soin de la terre, prendre soin de l’humain, et partager équitablement. Ils forment le socle de la conception permaculturelle. On les retrouve dans la plupart des sociétés traditionnelles.

La particularité de la permaculture est sa vision systémique. Plutôt que d’étudier chaque élément d’un système séparément, la permaculture s’attache aux connexions entre les éléments. On ne peut pas comprendre la forêt en étudiant séparément les arbres, les insectes, les bactéries, le sol, etc., mais en observant les relations fonctionnelles entre ces éléments, qui font de la forêt plus qu’une simple somme d’arbres, un véritable écosystème autorégulé. La permaculture consiste à observer les relations entre ces éléments et les reproduire par une création organisationnelle systémique.

La permaculture consiste donc avant tout à concevoir un système organisationnel optimisant les interactions entre les éléments via le « Design de permaculture » et sa palette d’outils. C’est une phase qui intervient en amont de la production. Libre à chacun d’appliquer ensuite les techniques de l’agro-écologie, du bio, de la biodynamie, etc pour mettre son projet permaculturelle en œuvre.

Calendrier :

  • Hiver et printemps 2016 : émergence du projet, constitution et consolidation du groupe, repérages et choix du site
  • Eté 2016 : création du design et rédaction du projet soumis aux amendements et validation du groupe
  • Septembre 2016 : rdv avec le Service Espaces Verts et Environnement (SEVE) de la Ville de Nantes, démarche de partenariat avec la Ville de Nantes / présentation du projet à différentes associations pour le portage du projet (Nantes Ville Comestible)
  • Automne 2016 : hiérarchisation et retroplanning des différentes étapes du chantier / lancement des travaux / plantation des premiers arbustes et arbres fruitiers
  • Hiver 2016 : préparation des parcelles et de la terre / premières cultures / semis pour les cultures de printemps et d’été
  • Printemps/été 2016 : culture d’été et premières récoltes…

Première étape du projet :

Suite à notre rencontre du 9 septembre dernier avec le SEVE, le groupe de pilotage qui porte le projet de jardin collectif « L’Oasis du Cens » s’est réuni et a décidé d’adapter le projet aux retours et conseils des techniciens, quant à la faisabilité d’un tel projet sur la parcelle repérée, chemin de la Censive du Tertre à Nantes.

Nous proposons ainsi de commencer par cultiver une parcelle d’environ 200M2 (triangle rouge sur le schéma ci-dessous), ainsi que d’investir l’espace situé le long des murs d’enceinte du terrain (au Nord du terrain) pour l’implantation des différentes structures (A-B-C-D).

L’installation de ces structures dans le prolongement les unes des autres, nous permettra d’avoir une surface de toitures et de gouttières plus importantes et nous augmenterons ainsi nos possibilités de récupération d’eau de pluie.

Chronologie des actions de végétalisation pour cette première année d’implantation : dès  novembre 2016

Notre objectif est de commencer par un premier chantier avant la fin novembre dans le but de ne pas manquer la période de plantation des arbres et arbustes fruitiers.

Notre groupe a commencé à travailler sur ce projet en avril dernier et il nous semble indispensable de pouvoir commencer avant l’hiver afin de remobiliser les personnes qui étaient intéressées et attendent que le projet se concrétise pour s’impliquer.

  • A partir de mi-octobre : Lancement de la communication autour du projet, réseaux sociaux, milieu étudiants, associations Colibris Nantes, Permaculture 44, Nantes Ville Comestible…
  • 26/10 : réunion du groupe « design » pour définir les implantations des arbres, arbustes et planches sur la première zone cultivée.
  • Vendredi 4/11 à 19h rencontre publique et apéro convivial pour préparer le 1 er chantier (au Baroudeur)
  • 1 er chantier : samedi 19 et dimanche 20 novembre
    • Repérer les planches de culture selon les courbes de niveau.
    • Passer la grelinette sur les planches (à défaut utiliser une bèche-fourche) :
      http://www.gerbeaud.com/jardin/outils/grelinette-biofourche-essai.php
    • Mulcher (pailler) les planches avec différents déchets organiques (carbone/azote).
    • Planter une douzaine d’arbres fruitiers, des arbustes de petits fruits (framboisiers, groseilliers, cassis) et des plants de légumes d’hiver

Les besoins du groupe :

Obtenir un accord de principe de la part du SEVE avant la mi-octobre pour lancer la communication, récupérer matériel et plants et organiser le 1 er chantier
Analyse du sol par le laboratoire Inovalys Impressions couleurs des supports de communication pour les panneaux d’affichage sur le site afin d’informer dès le début de ce qui se passe sur le terrain.

Matériel : cabane pour le stockage, bois pour la construction des toilettes sèches et composteurs multibacs, gouttières, outils divers, brouettes, récupérateur d’eau, panneaux en bois pour la communication auprès des usagers et promeneurs…

Végétalisation : arbres et arbustes fruitiers, semis et plants biologiques, broyats, paille, tonte, sciure…

Contacter l’Oasis du Cens : Adresse email : oasisducens@ntymail.com

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